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♯  About Good Music  ♯

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La musique est une nourriture ... rock, soul, hip-hop, ethnique, classique, jazz, electro, blues, reggae, folk .... Ecoutez de tout pour être équilibrés !


Rock méditerranéen Chapitre 2 - Τρύπες

Publié par Christos sur 3 Septembre 2020, 08:37am

Catégories : #Artistes

Rock méditerranéen Chapitre 2 -  Τρύπες

   Les enfants d’Aphrodite ont tracé une voie qui a entraîné beaucoup de jeunes musiciens grecs en quête de rapprochement avec les musiques occidentales et de rupture avec leurs parents. Le rock était le genre parfait pour rompre avec le passé musical proche (laïko, entehno) et lointain (rebetiko). Le début a été fait dans les années 70 avec un rock psychédélique/progressif sous influence anglaise : Aphrodite’s Child, Socrates, Peloma Bokiou. Ensuite il y a eu le génial Pavlos Sidiropoulos qui a hellénisé le rock en chantant en grec et en empruntant des éléments du passé. Puis après il y a eu de la new wave (Magic de Spell), du métal (beaucoup de métal…Septic Flesh, Rotting Christ, Nightfall, Firewind …), du punk (Panx Romana, Antimob), de la pop/rock grecque (Termités, Pyx Lax, Fatmé, Ksilina Spathia, …).

   Si je devais ne retenir qu’un groupe hellène, ce serait Τρύπες (prononcé Trypés – les trous), le groupe phare des années 90. Contrairement à la plupart de leurs confrères (et la majorité des grecs), ils n’étaient pas d’Athènes mais de Thessaloniki, la deuxième plus grande ville du pays et capitale du nord de la Grèce. Malgré la rivalité Nord/Sud (ou Athènes VS périphérie), ils ont créé en 7 albums un rock alternatif imprégné d’une couleur locale très forte, fédérateur de la jeunesse grecque. Ils avaient un côté sombre, brut, artistique très similaire à Noir Désir ou à Gun Club. Les bons riffs de guitare fusaient, la section rythmique (basse/batterie) dépotait et les paroles parlaient. Certes la barrière de la langue est importante et on rate une partie du trip si on ne comprend pas le grec mais leur son combiné à la musicalité de la langue d’Homère crée un ensemble rare qui vaut la peine d’être entendu…

   Leur sommet discographique était sans doute Ennia pliromena tragoudia (Εννιά πληρωμένα τραγούδια) qu’on peut traduire par « neuf chansons payées ». La plume de Giannis Aggelakas (le frontman, chanteur du groupe) était au sommet de son art. Il dessinait le mal-être des jeunes, il critiquait la religion, il parlait d’amour en utilisant des images fortes, des métaphores hallucinantes, des mots inventés. Il n’y avait jamais d’évidence, tout était figuré, il fallait toujours faire un effort d’imagination pour dénicher se qui se cachait derrière les mots.

   Les guitares débordaient d’adrénaline, elles étaient le compagnon idéal des neuf poèmes. Les effets ne manquaient pas pour simuler un cri d’une mouette, pour surprendre l’auditeur. Parfois elles se taisaient pour un intermède acoustique ou se calmaient pour donner plus de place à la voix. La basse et la batterie donnaient du volume à l’ensemble, elles étaient la troisième dimension qu’on retrouve dans tout groupe de rock digne de ce nom.

Le groupe n’a pas fait long feu, les bons groupes de rock ne sont pas faits pour durer (en général). Une quinzaine d’années se sont écoulées entre leurs débuts et leur dernier album. Je ne sais pas ce qui a précipité leur mort mais une chose est sûre : Dans les années 90 ils étaient le cœur du rock grec.

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Commenter cet article

Dim 03/09/2020 14:35

H maska pou kryveis* ! Tellement d'actualité n'est-ce pas ?
*Le masque que tu caches
Gamato, Trypes rule!!

Dim 03/09/2020 19:32

Carrément.. Je les ai écouté en boucle et c'est ce que j'ai refait aujourd'hui. Merci m'sieur ! ????

Chris 03/09/2020 15:18

La majorité des textes étaient très profonds, intemporels. En particulier sur cet album. Checke "La la la", "To treno", "Apo mia adeia kardia" ...

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