La musique populaire, celle qui a porté des générations d’artistes qui ont révolutionné le paysage musical n’est jamais venue d’en haut. Des sphères où on mange avec des cuillères en or, où on dépense sans compter, où on croit que la vie doit être vécue sur un yacht, à Dubaï ou dans un appart d’une tour dorée. Le blues, le rebetiko, le rock, le punk, le reggae, le heavy metal ont été crées dans les cabanes d’esclaves, les fumées prohibées des sous-sols, les taudis de Jamaïque, les banlieues délabrées de Birmingham dans des contextes sociaux d’une extrême dureté.
La musique de Sleaford Mods, un duo de Nottingham, puise son énergie et sa puissance dans des zones abandonnées par les élites et investies par les classes ouvrières. Dans les endroits où la misère s’arme de paroles et d’instruments pour créer des musiques hybrides, lumineuses, dansantes.
Le dernier album de Sleaford Mods - The Demise of Planet X - est un bijou d’une simplicité et d’une efficacité déconcertante. C’est la rencontre de l’electro minimaliste avec le spoken word, des beats, samples et loops d’Andrew Fearn avec la voix abrasive à l’accent prononcé des Midlands de l’Est de Jason Williamson. C’est un coup de poing au système, comme les groupes anglais dignes de ce nom savent très bien le faire avec leur vieille Albion.
Le duo navigue dans une direction qu’ils ont tracé depuis 2007 avec leur premier album éponyme. Entre l’electro et le hip hop, entre le post-punk et le spoken word. Leur genre hybride n’est certes pas nouveau – ils me font un peu penser aux Streets de Mike Skinner - mais il est puissant, porteur de rêves et de révoltes, de vents frais et d’horizons de liberté. A écouter haut et fort !!
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