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♯  About Good Music  ♯

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La musique est une nourriture ... rock, soul, hip-hop, ethnique, classique, jazz, electro, blues, reggae, folk .... Ecoutez de tout pour être équilibrés !


Tony Allen

Publié par Christos sur 14 Août 2020, 07:45am

Catégories : #Artistes

Tony Allen

Parfois on croise sur notre chemin des jeunes vieux et leurs opposés, les vieux jeunes. Deux catégories d’humains mal foutus où le corps et l’esprit font bande à part. Les idées, la philosophie de la vie et l’activité physique sont les principaux moteurs de ce dépareillage. La première catégorie est d’une tristesse pitoyable. La deuxième d’une joie de vivre enviable, un exemple à suivre qui attire souvent les jeunes comme le miel les ours.

Tony Allen était un vieux jeune que j’ai suivi les quinze dernières années. Derrière ses lunettes noires et son chapeau feutré se cachait le cerveau d’un musicien incroyablement jeune. C’est lui qui a inventé dans les années 70 avec son pote Fela Kuti l’afrobeat, un mélange de jazz, de funk et de musiques africaines. C’est lui qui à partir de la fin années 90 a collaboré avec Damon Albarn des Blur/Gorillaz, Paul Simonon des Clash, Flea des Red Hot Chilli Peppers, Jeff Mills et plein d’autres jeunes loups moins connus pour dessiner les contours d’un jazz futuriste et bâtir des projets musicaux d’une beauté inouïe comme The Good the Bad and the Queen.

Il était un batteur autodidacte. Ses icônes étaient Max Roach et Art Blakey, deux dieux de la batterie qui avaient dans les années 60 réussi à prendre le lead de groupes de jazz ! Le rêve (inaccessible) de tout batteur, le rêve du jeune Tony Allen qui est devenu réalité. Son toucher de baguette était fin, sa rythmique évoluait tout le long de sa vie. Elle n’était pas répétitive comme certains pourraient le penser en écoutant un afrobeat, elle était hypnotique, ensorcelante, mutante, dionysiaque.

Il a longtemps vécu sous l’ombre de Fela - à tort car c’était lui son chef d’orchestre ! -. A la fin des années 90, après la mort de son copain il s’est installé en France dans la région parisienne. Il s’est réinventé en lançant sa carrière solo et ses multiples collaborations. Je ne sais pas si c’était lui qui allait vers les jeunes musiciens ou l’inverse mais une chose est sûre : Il créait de nouveaux chemins musicaux hybrides, il était convaincu que la musique du futur allait dans le sens de la fusion.   

Sa discographie regorge de trésors : Son « Secret Agent » et « Film of Life » sont au sommet de son art, l’afrobeat. Sur certains morceaux il chantait même avec sa voix cool et nonchalante… L’album éponyme de son super groupe The Good the Bad and the Queen fait partie des plus beaux albums pop du début du 21ème siècle. Dans l’excellente série de chez Strut « Inspiration / Information », on le retrouve aux côtés de Jimi Ténor pour une soul/funk/jazz brillante et psychédélique. Avec Megaloh, un rappeur allemand aux origines nigérianes, ils avaient donné naissance à un hip hop/jazz joyeux et pêchu. Avec le DJ américain Jeff Mills il était parti se frotter à la musique électronique et nous donner en cadeau le mini album « Tomorrow Comes the Harvest ». Chez Blue Note, à la fin de sa vie, il a bouclé son cycle musical en allant vers le jazz avec « The Source » et en rendant hommage à Art Blakey et ses Jazz Messengers dans un mini EP.

Le géant africain est parti en 2020. Il avait compris le secret de la jeunesse éternelle. Aller au bout de ses rêves, ne jamais stagner, changer, créer des œuvres d’art à partir de mariages mixtes.

RIP Tony.

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